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Quelque chose
est rouge

Avril / Juillet 2008 - Journées Francophones de Kosice / Slovaquie

 

 

  D’un conte, nous pouvons en prendre et en laisser mais nous pouvons aussi en rajouter et à loisir le détourner.

Photos




Quelque chose est rouge



PRESSE  :


Contact presse : Barbara Prost
Contact production : Joseph Paillard

 



Mise en scène : Nathalie Veuillet
Univers sonore et vidéo : Wilfrid Haberey
Résidence du 7 au 29 avril à IC Culture Train – Lieu de création alternatif et indépendant de Kosice situé dans une ancienne caserne militaire.

Distribution et co-production Franco Slovaque.

En partenariat avec l’Alliance Française de Kosice, Cultures France, la Région Rhône-Alpes, les villes de Lyon et Kosice, Lyon 2013 et  Kosice 2013.
Quelques mots sur l’origine du projet : En 2013 une ville française et une ville slovaque seront nommées Capitales européennes de la culture. Lyon, candidate, travaille depuis plus d’un an avec la candidate slovaque Kosice (seconde ville du pays). Dans ce cadre, Nathalie Veuillet s’est rendue en mars 2007 à Kosice et Bratislava avec la délégation lyonnaise. A cette occasion notre metteur en scène a pu faire connaissance avec certains partenaires notamment Peter Radkoff, directeur d’IC CULTURE TRAIN, et Pavol Meszaros, architecte, qui mènent ensemble un projet en centre ville de transformation d’une ancienne caserne militaire en site culturel.

Une délégation slovaque a été accueillie quelques mois plus tard sur le site de résidence de notre compagnie à Lyon et certaines complicités professionnelles se sont alors confirmées.

Sollicitée ensuite par l’Alliance française à Kosice pour proposer un spectacle dans le cadre des journées francophones, notre compagnie a donc naturellement proposé de s’associer à l’équipe d’IC culture Train pour réaliser une création in situ au cours d’une résidence de 3 semaines dans leur caserne.

Cette première résidence d’une équipe artistique lyonnaise à Kosice, sera l’occasion une nouvelle fois de réunir les délégations lyonnaise et slovaque et d’inaugurer sur le terrain se faire ensemble des 2 villes fraîchement jumelée.
 

UN INTERVIEW DE NATHALIE VEUILLET

S’agit-il de raconter l’histoire du Petit Chaperon Rouge ?
D’un conte, nous pouvons en prendre et en laisser mais nous pouvons aussi en rajouter et à loisir le détourner. Nous ne sommes pas tenus à l’exactitude scientifique et historique. Nous tendrons donc à cultiver le sens des jeux obliques si chers à nos enfances en espérant ainsi créer des émotions opposées et contaminantes.
La pluralité des sens offerts et la réappropriation, loin de nuire à l’appréciation littéraire, tendent au contraire à accroître l’aura et la fascination.

Comment allez-vous aborder ce travail ?
Là Hors De  a pour spécificité de travailler in situ. Le procédé dramaturgique implique complètement le lieu spécifique de la représentation et son mode induit de rapport au public. Même si ce projet sera accompagné par une écriture textuelle (Lancelot Hamelin), il se modifiera au gré des rencontres artistiques et des liens entretenus avec la population de Lyon et de Kosice. Par cette mise en regard…

Une sorte d’enquête policière ?
Ce conte constitue pour nous un matériau de choix d’investigation et de réappropriations contemporaines d’une culture partagée. Au moment de construire une Europe culturelle, il est intéressant d’utiliser un point de départ commun au plus grand nombre.
Cette histoire me plaît car elle met en jeu les hésitations intimes entre « principes de plaisirs et principes de réalités », entre aiguilles et épingles.
Elle implique le spectateur car le sens n’est pas univoque et convoque l’endroit d’où l’on voit, d’où l’on se souvient, impliquant l’univers sensible et symbolique intime, l’aspect folklorique des cultures, la vision psychanalytique des sociétés…

Une sorte de road-movie théâtrale ?
Nous sommes à la recherche du petit chaperon rouge, de son grand méchant loup et des grands-mères qui les ont bien connus. Une quête qui nous mènera de Lyon à Kosice dans un premier temps. Entre traditions orales et traces écrites, ce conte a de multiples versions même si nous connaissons en particulier la version de C.Perrault (1697) et celle des frères Grimm (1812). Ce voyage géographique nous le voulons aussi intergénérationnel. À partir d’interviews réalisées en France et en Slovaquie, nous proposerons une partition contemporaine issue de souvenirs des personnes plus âgées en direction des plus jeunes. La vidéo et l’enregistrement sonore seront les supports privilégiés de cette partie du travail.

Quelle langue sera utilisée ?
Nous travaillerons au moins en trois langues, slovaque, français et anglais. À l’image de la distribution (2 interprètes slovaques, 1 anglais, 4 français) et de cette Europe polyglotte à apprivoiser. Ce sera un prétexte au travail sur les sonorités linguistiques et jeux de formulettes et autres ritournelles. Et pour le coup un enjeux de traduction !
Ce conte est vivant et se modifie au cours du temps et des géographies d’accueils, use
de différents symboles (couleur rouge, verte ou jaune) de diverses figures (animales et humaines), nous rapproche et nous éloigne par l’issue heureuse ou négative.

Pourquoi avoir choisi ce projet qui vous éloigne peut-être de votre répertoire habituel ?
Tout d’abord parce qu’il correspond à une histoire personnelle à laquelle je suis très attachée. Celle de ma grand-mère qui comme petite fille devait traverser forêts et campagne à pied pour se rendre à l’école. Elle n’y avait droit que l’hiver car les trois autres saisons étaient consacrées aux travaux dans les champs.
Elle me racontait non pas l’histoire du petit chaperon rouge mais la version bressane « les trois petites chèvres : la noire, la grise et la blanche » et au travers de cet imaginaire c’est avec les anecdotes de sa vie réelle de l’époque qu’elle m’apprenait une réalité que je découvrais. Ce conte était violent pour ma sensibilité de petite fille, en essayant de le retrouver j’ai découvert sa relation avec le Petit Chaperon Rouge et les diverses versions qui en font une histoire entre bestialité et nature, imprévisible merveilleux et dangers concrets, envoûtement et désir.
J’ai envie de retrouver cette frayeur enfantine soudaine ou encore cette angoisse sourde de « qui se cache sous le lit, habite le noir ou le placard ». Adulte, on apprend à dominer ces sentiments de peur pour oser aller vers l’inconnu en bravant le possible danger. On s’émancipe et  construit  ses propres expériences quand on a la chance de choisir librement son parcours. Je veux essayer de concilier ces états paradoxaux dans une même performance, maîtrise du chemin et envie de sauter du pont dans la rivière dont on ne connaît rien en les prennant comme axes de base au travail de création.

SOMETHING IS RED -

ENGLISH VERSION

During the month of march 2007, and within the frame of Lyon's candidacy to be the 2013 European Capital of Culture, Nathalie Veuillet, Là Hors De's director, flew to Kosice and Bratislava with the City of Lyon delegation and its culture head, Mr Patrice Béghain. This delegation met the mayor of Kosice, the city candidacy organisation committee as well as representatives of various cultural institutions. French ambassador in Bratislava also welcomed this delegation.

This led our director to meet some partners such as Mr Peter Radkoff, IC Culture Train head and Mr Pavol Mesraoz, architect, who are implementing the project of turning a former barrack to a cultural place.
Few months later a slovak delegation came to our place in Lyon where professional friendship has been strengthened. Both our cities are today twined.

French Embassy in Bratislava invited us to participate to the june 2007 decentralized cooperation forum in Trençin which theme was : "Cultural Developement Local Strategies : crossed presentation". Those meetings allowed us to deepen our reciprocal knowledge and to share goals.

For our company was asked by the Kosice French Alliance to present a spectacle during the francophony days, we proposed a 3 weeks work so an in-situ creation could be implemented. Such a work should allow us to make our partnerships come true and to interact with the local population. Mr Peter radkoff (IC Culture Train) is our main partner for this operation.
This first artistical work period in Slovakia, in april 2008, will be an other opportunity for french and slovak delegations to gather round this candidacy.

NATHALIE VEUILLET'S INTERVIEW


Is your project about telling the Little Red Riding Hood tale ?
We can take and leave appart from a tale, but we can also add back in and, from time to time, turn it away. We are not tied to scientific or historical accuracy. Hoping then to give opposite and spreading thrills, we shall cultivate the sense of our childhood sidelong games.
Far from damaging the bookish comprehension, the multiplicity of given meanings and the appropriation back tend to increase aura and fascination.

How are you going to approach this matter ?
Là Hors De’s specificity is to work in-situ. The process of dramaturgy thoroughly involves the exact place of the performing and its induced relationship to the audience. Although this project comes along with a textual writing (by Lancelot Hamelin), artistical sharing and relationship between Lyon and Kosice shall modify it. Due to viewpoints...

Is that sort of a sleuthing ?
This tale represents to us a way to investigate and nowadays appropriate back our shared culture. If we are to build a cultural Europe, starting from a most commonly shared piece is interesting.
I like this tale for it displays the intimate reluctances between “principles of pleasure and principles of reality”, between needles and stickpins.
The audience is involved because, far from being univocal, the meaning summons our own viewpoint, rememberance, invoking the intimate emotive and symbolic world, the cultures traditional aspect, the psychanalitic perception of societies...

Kind of a road-movie play... ?
We are looking for the Little Red Riding Hood, its great villain wolf and for the grandma’s who knew him well. This investigation will initially lead us from Lyon to Kosice. Although we mainly heard of Charles Perrault’s (1697) and brothers Grimm’s (1812), this tale has a lot of versions that has been spreaded by oral tradition and written traces. We want this travel not only to link two points of the map but also generations. Out of interviews done in France and Slovakia, we will bring a contemporaneous score based on elder memories told to the youngest. Video and sound recordings are to be the favored medias of this part of the work.

Which language is to used ?
We shall at least work in slovak, french and english, mirroring the casting (2 slovakians, 1 english, 4 french) and this polyglot Europe that is still to be domesticated. This is an opportunity to work on linguistic sonorities, expression games and other refrains. A real translation bet !
This tale is alive and gets modified along time and places. It plays with various symbols (red, green or yellow colour), figures (animal and human), brings us together and moves us away because of an happy or negative ending.


Why did you choose a subject that may be far away from your usual repertoire ?
Because it is first of all related to a personal history I am deeply tied to. The one of my grand-mother who, as a little girl, had to cross hoods and campains walking to school.She would only be allowed to do this on winter, for other seasons were dedicated to working at fields.
That wasn’t the Little Red Riding Hood she told me but its “bressane”* version : “The three little goats : the black, the grey and the white”. Through this realm of imagination, she was teaching me of a reality I was discovering with anecdotes of her true story. My little girl sensitivity was hurt by this tale, and trying to find it back I discovered its relation with the Little Red Riding Hood tale and the various versions which make it a story navigating between bestiality and nature, unforseeable wonderfulness and concrete dangers, spelling and desires.
I want to get back to this sudden childlike terror, this underlying anguish of what is “hiding under the bed, lives in the black or the closet”. As an adult, one learns to dominate these feelings of terror so to dare going towards the unknown, defying the potential danger. Lucky enough to choose his own way, one frees himself and builds his own experiences. I want to bring together those paradoxal conditions in a sole performance, control of the way and jumping from the bridge envy in a river we don’t know nothing about, taking them as basis for creation work.

*Bresse : province located in Rhône-Alpes, Burgundi and Franche-Comté regions.


  

 

 
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