En partenariat avec le Musée d’Art Contemporain et la MJC de la Duchère : un fil au-dessus des fleuves et entre les publics.
Warhol a eu le génie de contaminer l'art en assimilant ses oeuvres aux
produits de grande consommation car -selon Baudrillard-, l'objet d'art,
nouveau fétiche triomphant, doit déconstruire de lui-même son aura
traditionnelle, sa puissance d'illusion pour resplendir dans
l'obscénité pure de la marchandise. Warhol sacralise la marchandise
comme marchandise. Mais dans cette féerie moderne de la marchandise,
n’y a-t-il pas une féerie parallèle à la disparition de l'art ? Un
tapis de souris Marilyn, un mug Mao, n’est-ce pas là la plus grande
œuvre de Warhol ? Les oeuvres de Warhol sont beaucoup trop
commercialisables pour ne pas éveiller quelques soupçons !
Mais Warhol c’est aussi une fabrique à stars. Une grande partie de l’œuvre
de Warhol consistait en effet à interroger la production d’images.
Images de stars, unes de journaux, symboles de l’Amérique, mais aussi
images sociales, ces masques que nous mettons entre nous et les autres
dans un va-et-vient entre l’être et le paraître qui était la seule
chose vraiment primordiale à ses yeux.
Ainsi de la même manière que
la Factory avait servi à produire à la chaîne les sérigraphies les plus
chères de l’histoire de l’art, ce lieu devait aussi servir à Warhol à
produire du mythe, de l’image sociale en quantité industrielle, et
propulser dans la grande constellation des VIP quiconque mettrait les
pieds chez lui.
Là Hors De nous invite à une « conférence alternative
» pour répondre en images et en musique à toutes ces questions que
Warhol suscitait sur notre société de consommation et de starification
et qui sont aujourd’hui plus que jamais tellement d’actualité. Alors
sommes-nous superstars ou objets ?
Mise en forme: Nathalie Veuillet Performers: Charlotte Dumoulin, Séléna Hernandez, Fabrice Bernard, Simon Marozzi Vidéo: Denis-Fabien Corlin Musique originale: Boris Kulenovic