À peine le temps de célébrer l’événement que Lucas arrive pour nous emmener visiter la Kasárné ́. Certains esprits mal tournés et chafoins pourraient croire que nous sommes ici en vacances… et ben pas du tout ! Aujourd’hui c’est lundi : le week-end nous aura permis de prendre nos marques et de faire connaissance, nous allons pouvoir commencer à travailler sur le terrain.
La Kasárné est une ancienne caserne militaire qui a été désaffectée il y a environ 3 ans.
Nous nous attendons à une friche à la française : pas d’eau, pas d’électricité, un froid saisissant, des squatts dans tous les sens et l’appréhension de voir débarquer les chiens de la sécu d’une minute à l’autre…
Ben pas du tout ! On pourrait presque vivre dedans. D’ailleurs on commence à y songer pour notre résidence de 3 semaines au mois d’avril.
Espace grandiose… Wilfried et Rodolphe expriment enfin librement leur Art : ça mesure, ça griffonne, ça modélise, ça teste, ça calepine, ça filme, ça bloc-de-puissance, ça calcule les mètres de prolon... Bref ça plonge dans le vif du sujet !
Nathalie prend de longues poses inspirées, elle hume l’air, caresse la poussière, fait claquer ses bottes sur le béton, stoppe, regarde vers le plafond, se tourne, tord la bouche, lève une main devant ses yeux, reprend sa marche… Dans chaque pièce… Il y en a 6… Puis recommence.
Selena repère, en habituée des expériences Làhordiennes, tous les endroits où on pourrait se faire très très mal, là où on peut tomber, là où on peux se cacher, se rouler, se suspendre, se jeter, se grimper dessus…ou pas. Dans chaque pièce… Il y en a 6… Puis recommence.
Silence…
Au bout de 2 heures de ce manège, tout le monde est épuisé.
Regards en chiens de faïence, mimiques et oeillades entendues.
Puis nous brisons le silence : chacun livre d’un bloc le résultat de ses expertises. ça résonne drôlement ici !
Just the time to celebrate the event that Lucas arrives to take us to visit the Kasern. Some evil spirits may believe that we are here on vacation… not at all ! Today is Monday : the week-end allowed us to make references, we can start working on the ground.
The Kasern is a former military barracks that was abandoned about 3 years ago.
We expect a wasteland à la française : no water, no electricity, a breathtaking cold, squatts in all directions and apprehension to see security dogs in a minute…
Not at all ! One could almost live in it. And we start thinking of it for our 3-week residency in April.
Magnificent place... Wilfrid and Rodolphe finally freely express their Art : this measures, scribbles, models, tests, calepines, films, block-powers, calculates electrical wire meters... In short it plunges into the heart of the matter!
Nathalie takes long inspired hauls, smells air, caresses dust, slams her boots on the cement, stops, looks to the ceiling, turns, twists her mouth, raises a hand in front of his eyes, resumes her walk… In each room… There are 6… Then again.
Selena landmarks, accustomed to Làhordistic experiences, all places where one could really really hurt, where people can fall off, can hide, roll, suspend, throw, climb above themselves… or not. In each room… There are 6… Then again.
Silence…
After 2 hours of this ride, everyone is exhausted.
Frozen stare, facial expressions and heard glances.
Then we break the silence : each gives the result of its expertise. It resonates a lot here!