En miroir à la citation de Djian que nous a offert Hervé dans son post "Le plus terrible", je copie-colle un texte du poète belge Eric Dejaeger qui a déjà apporté ici même quelques commentaires.
« Mes voisins savaient que je lisais beaucoup et qu’il m’arrivait d’écrire de la poésie, deux activités assez mal considérées dans le quartier.

À chaque barbecue, ils s’amusaient à lancer des livres de gare par-dessus la haie en criant « pull ! ». Il savaient aussi que j’étais le seul dans le coin à ne pas posséder de riot-gun.

Un dimanche midi ensoleillé, alors qu’ils se livraient à leur jeu favori, je ripostai en leur envoyant quelques uns de mes derniers poèmes. L’effet fut immédiat : ils cessèrent. Et déménagèrent le lendemain.
Depuis, je laisse toujours l'un ou l'autre petit poème bien en vue quand je dois partir en espérant que les voleurs ne soient pas analphabètes. Je n'ai aucune envie d'acheter un riot-gun."

Extrait de « Elagage Max », éditions Mémor, collection Transparences