L’année s’écoule. Tu es ennemi et tyran.

Tu es paresseux et lent. Le vent froid et violent

Te tourmente. Ta jeunesse heureuse s’est évanouie.

Corps découvert, tu couches souvent sans toit

Sur un lit de terre ; et on entend résonner ton ventre vide.

Je passe  sous silence tes crimes cachés, tant de corps que d’âme.

Ni ville, ni campagne ne t’abritent, ni un hêtre dans son creux,

Ni rivage, ni mer. Vagabond, tu erres par le monde.

tu fuis les baisers maternels comme la discipline paternelle.

Tu sacrifies les biens éternels aux biens éphémères ;

Vil et méprisé, repoussé de père et de mère,

Nu et sale, tu plonges entier dans l’ordure.

Comme un mendiant, bon à rien, tu vagabondes sur terre et sur mer

ta pensée folle s’élance de tout cotés sans gouvernail.

Tu ne t’appliques qu’aux choses grossières… la raison enfouie.

Ferme ta bouche et cesse de te plaire à flatter.

Ta louange n’est qu’une mauvaise fraude. Refuse de louer les misérables.

Tais-toi. « Que ta muse ne nuise plus à personne ».

 

Invectio contro goliardos, Raymond de Rocosel, Eveque de Lodève (1219)

 
 

 

Pop-ennemis


 

Combien la haine peut se retourner…


 

Un texte écrit au il y a 700 ans pour dénoncer les habitudes

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De quelques poètes marginaux de l’époque


 

Est aujourd’hui si pop qu’il pourrait faire office

 

De regle de conduite


 

Ou de manifeste

 

Incorruptible

 

Peut-être faut-il lire ceux qui nous détestent

 
"


Pour savoir ce qu’aimerons nos enfants