puis une expression de mépris passa très vite sur son visage, aussitôt remplacée par un sourire commercial. Elle reposa le manuscrit sur son énorme bureau et donna son avis sincère : - Trop mince. Je restai fasciné un moment par ses lèvres brillantes et ses dents chromées, puis mes yeux retombèrent sur le manuscrit. Mon texte reprenait lentement sa forme plane, et me sembla tout à coup très ordinaire. Je me souvins de ces phrases que j’avais passé un temps infini à écrire. Elles devenaient tellement faibles, inutiles, et même pénibles, que je sentis peser d’un coup sur mes épaules le poids des année perdues.