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Posté par Philippe Puigserver in non classé
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Toute sa volonté de le quitter se brisait contre l'évidence de son corps. Son torse ample la rassurait, sa chaleur la réchauffait, ses bras l'abritaient, ses jambes l'enracinaient. Pas de doute, la tête sur son épaule, elle s'apaisait, loin des intempéries extérieures. Certes, elle rêvait d'un ailleurs, espérait beaucoup plus. Elle regardait leur maison, fulminait contre la tapisserie, rageait contre la place des murs, pestait contre l'envahissement des meubles, qu'elle avait pourtant choisis, se plaignait du manque de luminosité, ne supportait plus de voir son slip en boule et ses chaussettes sales au pied du lit. Elle étouffait. Et elle le regardait. Son sexe pendait piteusement sur ses cuisses. Mon dieu, que tout cela est ridicule, pensait-elle. Puis, elle le prenait dans sa main, tel un chaton avec une pelote de laine. Elle s'amusait de le voir grandir alors que le reste dormait encore. Elle partait alors dans son vertige et s'oubliait.