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pendant que Guigue regarde passer les camions, Bède tourne en carré Bède fait des tours de cloître
Le départ de Guigues sûrement attriste Bède. Vieux prieur, ce dernier n’a plus ni l’age, ni le désir indispensables pour convaincre qui que ce soit. De plus en plus Bède laisse couler. Au chapitre, ses mea culpa manquent de variété (le prieur aimerait avoir plus d’imagination, se trouver un vice différent chaque semaine pour stimuler les autres moines, les pousser à ne pas se reposer sur des péchés connus, identifiés, rabachés), chaque semaine désormais Bède s’accuse d’acedie. Absence de désir voir absence de désir de désir. Bède se reproche chaque dimanche matin, devant les frères que cela ennuie, son flottement ordinaire et son existence passive où les prières deviennent des rêveries, les méditations des moments de soumission presque totale, où son corps ne sert plus que réceptacle à la masse toujours plus pressante des souvenirs. Bref Bède constate l’affaissement progressif de sa volonté
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 la concierge est dans l'escalier, le filmeur sur le balcon...
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Pour lui, c’est la forme même de l’abbaye qui ne fonctionne plus. Le cloître et son jardin idéal, les bâtiments conventuels et l’église jolie sont désormais et pour toujours condamnés au pittoresque. Guigues marche le long de la petite route en lacet qui quitte le monastère. Le petit matin frais est calme. ************************** La route qui monte au milieu des pins est encore déserte à cette heure de la journée. Guigues entend maintenant un camion qui approche, qui monte depuis le lac. Il distingue nettement le moteur rétrograder à chaque virage. Le camion semble mettre infiniment de temps à monter cette côte. Guigue l’attend avec impatience. Le bruit devient considérable et Guigues n’entend plus que ça. Souffle du camion qui frôle Guigues. L’odeur du diesel reste suspendue dans l’air quelques secondes puis se laisse recouvrir par celle des pins. Retour au silence. Guigues qui s’était arrêté pour regarder passer le camion, reprend sa marche. Guigues commence à croire qu’il a fait le bon choix. ***************************
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la duch s'endort juste en bas... barre 224, Etage E, appartement 56 : pour l'instant tout va bien.
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Non, ce mauvais goût, ce besoin de vérité, de la « vérité à tout prix », cette folie de jeune homme nous dégoute : nous avons bien trop d’expérience, de sérieux, de gaieté, de brûlures, de profondeur… Nous ne croyons plus que la vérité reste vérité sans ses voiles ; nous avons trop vécu pour cela. Nous faisons maintenant une question de décence de ne pas vouloir tout voir nu, de ne pas assister à tout, de ne pas chercher à tout comprendre et tout « savoir ».
Le gai savoir, "Avant propos"
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J'ai trouvé l'image d'une vallée sur Mars qui a l'air bien tranquille. Je crois que j'y ferais bien un tour quelques heures, goûter le calme.
Cette semaine, le plus ordinaire était fascinant comme une jolie fille et j'ai eu bien du mal à dormir.
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Avec le son sur le portofolio de Karim El Hadj et Erci Dumes
Quartier:
2. Vieux ou littéraire: Vie sauve. Synon: grâce, merci, miséricorde.
Au fig. Grâce, miséricorde. Ne disputons plus, je vous demande quartier Si cette innocence ne désarme pas la critique, il n'y a plus de quartier à espérer pour personne
(Paul-Louis Courier, Lettres Françaises et Italiennes., 1810, p. 813). La colère de la bourgeoisie menacée ne fit aucun quartier. Les insurgés furent abattus comme des malfaiteurs
(Jacques Bainville Histoire de France, t. 2, 1924, p. 172).
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"Cette disparition de l'auteur qui s'absente dans l'écriture débouche sur une nouvelle conception du texte, en tant qu'espace à dimension multiples, où se marient et se contestent des écritures variées, dont aucune n'est originelle: le texte est un tissu de citations, issues des mille foyers de la culture. Le rôle de l'écrivain se borne dès lors à mêler les écritures.
La mort de l'auteur conduit, logiquement, à celle du critique, désormais relayé par le lecteur. Le lecteur représente en effet le lieu où la multiplicité du texte se rassemble: l'unité d'un texte n'est pas dans son origine, mais dans sa destination."
R. Barthes, "La mort de l'auteur" in Le bruissement de la langue, 1968

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Frontière israelo-egypto-palestinienne Le physiologue dit:
L’aspic à l’allure d’un chat sauvage. Le mâle réside en Orient et la femelle en Occident ; lorsqu’arrive le jour de leur désir mutuel en vue de l’accouplement, le mâle quitte l’orient et se met en marche, et la femelle quitte l’occident et ils s’unissent au Sud. Or la femme n’a pas de partie naturelle qui permette au mâle de s’unir à elle, et du coup elle ouvre la bouche ; le mâle plonge alors sa tête dans la femelle et celle-ci resserrant les dents par suite du plaisir qui comble son désir, tue le mâle : voilà comment se produit la conception, et en vérité, le mâle meurt. Lorsqu’elle doit mettre bas, vu qu’elle n’a pas d’orifice naturel ses petits grignotent le ventre de leur mère et se fraient un passage vers l’extérieur, tandis que leur mère meurt. Ils vengent leur père. Lorsque les enfants sont devenus adultes, le mâle repart aussitôt en Orient et la femelle en Occident, exactement comme l’ont fait leurs parents, jusqu'à ce que revienne le jour de leur désir mutuel.
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