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Posté par Frédérick Houdaer in non classé
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« Le bidonville, c'étaient tous des prolos marocains et algériens qui bossaient à Chausson ou à Simca-Poissy, des types magnifiques, graves et réservés, solennels et généreux, rien à voir avec la petite pègre d'aujourd'hui.
Là tu vois que la fille de Treize a un haut-le-corps. C'est vrai tu avais oublié, c'est de son âge, elle est toute farcie de l'idéologie des bourgeois branchés, les «jeunes des cités », dits plus simplement les «jeunes », c'est sacré, de la pure victime, ça a beau jouer du couteau et du pitbull, dealer et racketter, violer, brûler des synagogues, terroriser profs et prolos, c'est de l'hostie consacrée, oui, l'Agnus Dei des « bobos ». Autrefois quand on était marxistes, dis-tu à la fille de Treize, pas progressistes, pas humanitaires pour deux sous, on appelait cette engeance du lumpen-prolétariat, ça voulait dire à peu près la même chose que nervis, hommes de main, indics, SA, miliciens, de la main-d'œuvre à terreur, de la valetaille de dictatures. On ne se sentait pas obligés, mais alors pas du tout, d'admirer le lumpen »
Olivier Rolin, "Tigre en papier"