lieux2.png
banniere-blog.jpg

Mon Blog

No desc available

avr 23
2006

journal du marathon (4)

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

dimanche, 11h



Les cheveux de Leïla et de Judith ont séché.

De mémoire, je retrouve une phrase de Heiner Muller (in "La mission") qui me semble brosser parfaitement ce qui se passe(ra) à La Duchère, tout ce qui est en cours :"Pour que quelque chose arrive, il faut que quelque chose parte, la première figure de l'espoir est la peur, la première apparition du nouveau, l'effroi."

avr 23
2006

journal du marathon (3)

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

Ce n'est pas la modestie mais mon côté superstitieux qui m'empêche le plus souvent de m'auto-congratuler après avoir écrit un texte. Mais mon "DEMENAGEMENT A LA DUCHERE", c'est sûr que je l'aime bien. Quant à mon "Histoire d'eau", je ne pense pas que mon scénar' à contraintes connaîtra d'autres métamorphoses. J'ai tout au plus épousseté quelques mots. Ma dernière contrainte, tirée hier en fin d'après-midi? J'ai fini par l'envoyer balader. Ceux que cela mécontente n'ont qu'à lire ma nouvellle "Déménagement à la Duchère".

Hier, j'ai même trouvé le temps de bosser l'un de mes deux romans en chantier (l'histoire d'un alter-mondialiste qui bascule à l'extrême-droite). Concrètement, j'ai surfé sur divers sites altermondialistes ou fachos. Résultat des courses: une certaine déprime. Ce genre de boulot de documentation, faut l'attaquer quand on a son taf de sommeil. Me manquait la santé nécessaire à ce moment-là.

Hier, j'ai vu Judith avec les cheveux mouillés. Aujourd'hui, c'est Leïla que j'ai surprise avec les cheveux mouillés. Moi, personne ne m'a vu avec les cheveux mouillés.

avr 23
2006

Déménagement à la Duchère

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer
Karl quitte Samia. Karl est mon ami.

Karl quitte Samia. Karl est mon ami. C’est lui qui est venu me chercher à ma sortie de taule, six mois plus tôt. Aujourd’hui, il me demande de l’aider à déménager quelques affaires.
-    Samia est au courant ?
-    C’est elle qui m’a dit de venir chercher mes bouquins. Elle m’a dit qu’elle en avait marre de vivre au milieu de mes machins. Paraît que les gamins en ont marre aussi.
J’ai connu Samia et les gamins. C’est avec eux, avec toute la petite famille de Karl que j’ai fait ma première balade à la campagne, le jour de ma remise en liberté.
-    Ils seront là quand on viendra jouer aux déménageurs ?
-    Samia et les gamins ? C’est prévu qu’ils partent en week-end. On les croisera pas.
-    On a deux jours ?
-    On a une demi-journée pour empaqueter des centaines de livres. Pour faire disparaître toute trace de moi. D’autres questions ?
-    Ça ira comme ça. Merci, Karl.
Je débarque le samedi matin, à 8 heures, au pied de la Tour Panoramique. Je n’arrive pas les mains vides, ma voiture est chargée de cartons. Je tombe sur Samia et les gamins qui finissent de boucler leurs valises.
-    Karl n’est pas encore arrivé ? je demande, très gêné.
-    Il va arriver. Le temps qu’il s’arrache de chez sa pute. Nous, on va y aller. On va dans ma famille.
Je donne un coup de main en contraignant une valise qui ne veut pas se fermer et en retrouvant le chat de la famille qui s’est planqué dans les toilettes, puis leur souhaite bêtement un bon week-end. Je les vois s’engouffrer dans l’ascenseur ultramoderne et spacieux qui m’a monté jusqu’à leur appartement. Samia me regarde droit dans les yeux, au moment où les portes se referment.
Je me retrouve seul dans l’appartement. Une famille y a explosé, et je ne vois pas de sang sur les murs. Sur ces entrefaites, Karl arrive. Je le trouve moins stressé que la veille. Nous ne sommes que deux pourtant. Pourquoi n’a-t-il pas sollicité d’autres amis ?
-    Ce que nous allons faire… Moi, je trie mes bouquins. Il y en a certains que je souhaite laisser à Samia…
Pour jouer au grand seigneur ou pour l’emmerder ?
-    Ce que tu peux d’ores et déjà faire, c’est mettre tous les livres en allemand directement dans les cartons.
Et les Zweig, Hesse et autres Goethe traduits en français que je trouve, que dois-je en faire ? Dans le doute, je les laisse sur leurs étagères. Je verrai plus tard, quand de nouvelles consignes me seront données.
Je monte quelques cartons supplémentaires et m’épile l’avant-bras gauche à l’aide du scotch de déménageur. Tout en grimaçant, je me souviens des épisodes qui ont jalonné ma sortie de taule, et de leur effroyable banalité. La pochette de plastique contenant quelques effets personnels que l’on m’a rendue. Karl m’attendant à l’extérieur, dans une voiture blanche.
-    J’ai oublié de te dire… Ma littérature boche chérie, même traduite en bon français de chez nous, tu la mets directement dans les cartons.
-    O.K, Karl.
Je maltraite sans le vouloir un tome de “ La montagne magique ”  et repense à cette balade familiale. La femme et les enfants que j’ai croisés tout à l’heure, je les revois courir devant moi, tandis que Karl marchait à mes côtés pour me dire “ C’est bon, maintenant tu peux recommencer à respirer ”.
L’interphone fait des siennes.
-    Laisse sonner, me dit Karl, occupé à manier le feutre sur une colonne de cartons.
-    Tu es sûr que ce n’est pas de la main d’œuvre supplémentaire ?
-    Je pense pas. Je pense que c’est Samia qui vient nous emmerder. Qui vient m’emmerder.
-    Elle a les clés. Pourquoi elle sonnerait ?
-    Laisse sonner, je t’ai dit.
L’interphone ne sonne plus. Nous avons à peine entamé la bibliothèque, et je commence à craindre que nous manquions de cartons.
Après la littérature allemande, il y a la tchèque à sortir des étagères, puis la grecque, puis l’américaine. Avec celle-ci, je retrouve mes repères, tous ces auteurs que Karl m’a conseillés quand j’étais à l’ombre. Je menace Karl pour détendre l’atmosphère :
-    Fais gaffe à ce que je ne t’en pique pas.
-    Je suis bien placé pour connaître tes goûts. Je sais quels bouquins surveiller.
Perché sur un escabeau, je peux voir la calvitie naissante de Karl ainsi qu’une partie du balcon jouxtant son appartement. Je me rappelle ce taulard qui a planqué le cadavre de sa femme une semaine durant sur son balcon. Mais Samia est bien vivante, nous nous sommes croisés tout à l’heure…  
L’interphone sonne à nouveau. Je chute exprès au sol pour me diriger vers lui.
-    Laisse !
-    … C’est toi qui décroches, Karl ?
-    Non, je décroche pas. C’est chez moi, c’est encore chez moi pour quelques heures, et je décroche pas, o.k ?
-    Tu tiens à ce que l’on ne soit que deux à se taper toute la besogne ?
-    Je compte sur toi, aujourd’hui. Et pas qu’aujourd’hui. J’aurai un autre service à te demander… mais pas maintenant.
Il semble avoir l’intention de me le demander quand les cartons m’auront un peu plus crevé, quand je ne serai plus en état de refuser quoi que ce soit. J’imagine le genre de service que l’on demande à un ami qui a tâté de la taule. Et je sais que je répondrai “ oui ” à Karl, parce qu’on ne refuse pas un coup de main à un mec qui vous a apporté Brautigan, Fante et Hemingway en prison.

avr 22
2006

journal du marathon (2)

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

Au Lidl du plateau de la Duchère, je peine à trouver une bouteille de champagne. Elle se tient bien cachée derrière une montagne d'oeufs au chocolat contenant "deux surprises Bontempi" ("Bon Tant Pis"?). A la caisse, la présentation d'une carte d'identité est obligatoire pour tout règlement par carte bleue.

Retour à l'appartement des (h)auteurs. Je tire une nouvelle contrainte (hier soir, c'était "point de départ: le long d'un canal dans le nord de la France" et "point d'arrivée: ma première boum"). A 17 heures, ce samedi, je tire comme contrainte un nouveau personnage à introduire : "Une brune qui devient rouge quand le temps est au beau et qui pleure quand il va pleuvoir, parce qu'elle a oublié son parapluie et que depuis sa chimio, elle porte une perruque sans valeur".

Et bien, avec tout cela...

avr 22
2006

journal du marathon (1)

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

Au bas de l'immeuble, on se marie et on brûle de la gomme, samedi oblige, ou l'on tond ces dix mètres carrés de pelouse. Dans l'appart' des (h)auteurs, traîne un livre de Cendrars amené par Patrick. Grâce à lui, Leïla m'avoue avoir fait sa maîtrise sur "L'homme foudroyé" (ainsi que sur les trois autres livres de la tétralogie). Un autre pavé traîne dans les lieux: le volume du Yi-King que je trimballe avec moi depuis hier (la version complète, cellle de Richard Wilhem). Denis me filme et me fait parler de mes contraintes dans les chiottes. Patrick me demande la largeur d'une cage de foot. Je lui donne la réponse exacte, malgré l'incrédulité de Denis qui prend la peine de la vérifier sur Internet.

A l'heure du repas, j'ai croisé Joseph-aux-deux-coudes-cassés. En parlant de coude, me revient l'image du coude droit de Xavier en train de rattraper une nuit blanche sur son matelas, ce matin. L'os de son bras droit était étonnamment saillant.

Au pied de l'immeuble, par pure inconscience, je chante à Judith le refrain de "Allah", la chanson de Véronique Sanson. On m'invite à réfréner momentanément mon envie de pousser la chansonnette.

Je fais une sieste sur le balcon, vers les 14h30.

Pour la première fois de ma vie, j'écris sur un Mac'.

à suivre...

avr 22
2006

COMEDIENNES

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

faire des portraits et laisser le reste se défaire sans regret

des portraits pour me signaler à l'attention de crues insoupçonnables

des portraits pour valider le flux et le reflux des regards

avr 22
2006

ANTICIPATION

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

son état est grave

son médecin a tombé le masque

en même temps qu'il jetait l'éponge



avr 22
2006

Tenez-vous le pour dit

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

C'était pas le moment. Mais la poésie me rattrape même aujourd'hui, même ce week-end où je suis censé marathoné mon scénario à contraintes.

à venir sur ce blog donc, quelques poèmes.

avr 22
2006

comptabilité

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer

Depuis hier, bu un hectolitre de café. Fait craquer 100000 fois les os de mes poignets. Rien d'inquiétant.

avr 22
2006

Histoire d'eau

Posté par Frédérick Houdaer in non classé 

Frédérick Houdaer
Au bord d'un canal dans le nord de la France


Au bord d’un canal dans le nord de la France, quelques pêcheurs à la ligne pêchent à la ligne.
Surviennent Marc et Xav’, trente ans à eux deux, qui s’installent également au bord de l’eau. En lieu de cannes à pêche, les voilà qui sortent deux fusils.
-    Ton père l’avait caché où, le sien ?
-    Il l’avait MAL caché.
-    Mon père, c’est pas mieux. Il me prête souvent son fusil, puis il m’engueule quand je m’en sers !
Ils pointent leurs armes… en direction de l’eau. Ils attendent. Comme les pêcheurs. On entend le vrombissement d’une libellule.
-    J’aime pas les mouches.
-    C’est pas une mouche, c’est une libellule.
Coup de feu.
-    C’était une libellule.
L’eau du canal se met à clapoter à leurs pieds.
Marc : - Ça monte.
Xav’ : - Quoi ? Le niveau de l’eau ? Y’a pas de marée ici…
-    Je te dis que ça m…
Un clapotement plus fort que les précédents, et Marc tire sur la flotte.
-    Là, ça la calmera peut-être, maintenant.
Ils continuent d’attendre (et les pêcheurs et les spectateurs avec eux), l’attention et le fusil toujours braqués vers l’eau. Des bruits aussi naturels qu’inquiétants (ex : la prise d’un pêcheur qui n’en finit pas d’agoniser sur la rive en tapant le sol de sa queue, etc.)
Xav’ : - Tu crois qu’elle va passer ?
Marc : - On a pas réussi à la coincer à l’écluse (coup de menton vers l’amont), elle devrait plus tarder.
Les cannes à pêche, les unes après les autres, se mettent à vibrer, à faire entendre une drôle de musique, tandis que les malheureux qui les tiennent tremblent dans leurs bottes. Le chien d’un pêcheur hurle à la mort. Marc l’abat d’un coup de fusil et lance à Xav’ :
-    Tiens-toi prêt, c’est elle !
Elle, donc. Une Ophélie. Flottant entre deux eaux comme il sied à une Ophélie.
Ils la mettent en joue, Marc dit :
-    Si je savais nager, je la repêcherais au lieu de la flinguer. Je la baiserais, au lieu de...
Xav’ confisque une canne à pêche et entreprend de s’en servir.
-    Attends, avant de tirer ! On peut la récupérer, on va essayer avec ça !
Marc tire au moment où Xav’ finit sa phrase. Il lâche, en sus du plomb :
-    Trop tard.
Ophélie, criblée comme il faut, s’enfonce dans l’eau du canal (qui instantanément est devenue rouge sur des kilomètres). La caméra s’engloutit avec elle, l’image floufloutte.

Marc émerge au cœur d’une boum, sous l’effet de claques redoublées. Le réveilleur en chef n’est autre que Xav’. Autour d’eux, la fête semble tirer à sa fin.
Xav’ : -‘Culé, tu te l’es tirée !
Marc (voix rendue pâteuse par l’alcohol, tee-shirt maculé, verres renversés, etc.) :
- Quoi ?
-    Ophélie. Elle chiale dans la cuisine. T’es vraiment qu’un enculé, c’est la première fiesta que mes parents me laissent organiser, c’est la première fois qu’ils me laissent la baraque, et tout ce que tu trouves à faire, c’est de baiser ma sœur.
-    C’est pas ce qui était prévu ? On avait pas dit…
-    Pas chez moi. Pas dans ma baignoire. Putain, quand Ophélie t’a conduit à la salle de bain, c’était pour te montrer où gerber, pas pour que…
-    Elle m’a tenu la main, ta salope de sœur, pour me montrer la salle de… la baignoire. Elle avait qu’à pas me la tenir.
-    Tu sais ce qu’elle a fait ? Tu sais ce qu'elle a fini par faire ? Elle a décroché le fusil de mon père. On sait pas ce qu’elle voulait faire, mais l’a fallu qu’on le lui arrache ! Tout ça pendant que Môsieur comatait.
-    O.K. Personne est mort…
-    …
-    C’est une question, Xav’ : personne est mort ?
-    Non. Personne est mort.
-    Alors, tu veux bien me faire un caf’, pour m’aider à… Putain, c’est moi l’Ophélie, là, c’est moi qui essaye d’émerger. Aide-moi un peu, bordel, au lieu de m’assommer avec ta morale.
-    ... Lève-toi, Marc.
-    On fait quoi ?
-    On sort. On laisse les autres finir la fête sans nous.

Extérieur jour petit matin :
Ils sortent de la maison des parents de Xav’. Juste à côté, un canal rempli d'une eau grise. En marchant le long de celui-ci, ils croisent des pêcheurs en train d'installer cannes et pliants.














Commentaires

    Translate

    Newsletter




    Recherche

    Top commentaires

    chabrier
    (57 comments)
    lesur
    (40 comments)
    dittmar
    (15 comments)
    houdaer
    (12 comments)
    ravella
    (7 comments)

    Artistes

    Dernières vidéos

    Dernières vidéos publiées

    Something is Red - Kosice /SlovaquiaUne délégation lyonnaise à  KosiceDuchèreReportage M6 Lyon-Kosice 2013Reportage M6 Lyon-Kosice 2013

    Les Artistes


    Matt Coco


    Frédérick Houdaer


    Séléna Hernandez


    nadyne chabrier


    Arno Piroud