here
Mon Blog
Description de mon blog
Tag >> Entre-Temps
Cart'1 , «Espéranto» Exposition du 23 mai au 21 juin 2008 Street art, graffisme & design invités : Akroe, AEM, Jace & Pascal Julliard-Aerosteel Deluxe Galerie Doxart Contemporain , Lyon Confluence. Cart1 @ Flickr.com
Une fois de plus, j’ai glissé sur une plaque de verglas spatio-temporelle et c’est de Grenoble, alourdi par une quinzaine festive passée au lit, et donc en 2008, que j’essaie de revenir une dernière fois sur Entre-temps.
Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite. Se diriger vers la sortie et revenir au point de départ. Se perdre dans le couloir. Écouter ses pas pour ne pas entendre le silence. Vous pénétrez dans un lieu, il y a peu encore privé, sphère de l’intime où régnait un système de communication propre à une famille, à des hommes et des femmes, là où les individualités se distinguent. Territoire en mutation, fil de l’histoire oblige, l’ancien habitat se meurt, restent les souvenirs et la mémoire. Avant sa destruction et la radicalité du geste, il se met en scène, ultime appropriation en guise d’expropriation par laquelle l’artiste projette l’irruption de la différence. S’emparant du langage et des formes en usage dans l’espace public, Stéphane Durand crée des passerelles temporaires et locales entre le vécu et le perçu, entre la réalité et l’utopie, entre l’émotion et la raison : un dialogue ou un cri muet entre des champs parfois à la dérive. Entre dedans et dehors, entre intérieur et extérieur, la limite est souvent ténue et de part et d’autre du seuil, les mêmes interrogations surgissent. Où partir ? Où se réfugier ? Vers quel dehors ? Dans quel dedans ?
En guise d’introductionJe n’ai vécu que quelque mois de ma vie d’adulte dans un de ces grands ensembles bâtis dans les années 60 en périphérie des villes. Mais comme je suis lyonnais et géographe de formation, je connais bien leur histoire, qui s’inscrit à la fois dans celle de l’architecture et de l’urbanisme et dans celle plus large, plus complexe, de la société française. La Duchère, comme les autres Zups de France, a permis de loger dans des conditions de confort réservées jusque là à une minorité, une partie beaucoup plus large de la population. On connaît la suite. Au fil des ans, les grands ensembles, symboles des « trente Glorieuses » vont devenir des espaces de relégation et d’exclusion. Des actions généreuses seront menées, toujours insuffisantes. On se souvient de Banlieues 89…la crise continue. Pour autant, ces quartiers ont une résonance particulière en moi. Mes grands parents paternels sont arrivés en France au début des années 20. Ils ont fui la Yougoslavie, dans l’espoir de trouver la richesse et la liberté. Classique. Ils finiront ouvriers, pauvres mais libres. Ils ne retourneront jamais en Yougoslavie.
Je ne sais pas à quoi ressemblera le texte définitif. Je sais juste que j'y parlerai de ma grand mère, de son voyage, de sa maison et ... En attendant la suite, quelques notes piquées dans mes cahiers.
Après le travail, elle se faufila dans cette « boîte carrée » qu'elle et les autres dénommaient « la maison ». Comme la pâleur du mur l'insupportait, elle avait demandé à l'agence de lui changer cette tapisserie aux couleurs pastel et aux motifs géométriques. Elle croyait à présent pouvoir se débarrasser de cette tristesse. Malheureusement, elle se sentait toujours aussi esseulée au moment où elle franchissait l'obscurité du pas de la porte, juste avant d'allumer la lumière. Elle sortit une serviette du placard pour essuyer ses cheveux d'où s'écoulait de l'eau. Le téléphone retentit à ce moment-là. Le bruit de la pluie et des voitures à l'extérieur était si fort que la sonnerie en devenait presque inaudible. Debout, face à la baie vitrée sur laquelle adhéraient les gouttes d'eau, elle feignait d'ignorer la sonnerie. Elle ne décrocha pas. Quelques instants plus tard, son portable qui se trouvait dans le sac, vibra. Le bruit de la vibration ressemblait beaucoup à ses sanglots de cette nuit-là et des nuits précédentes. Elle ne décrocha pas. Debout, face à la baie vitrée sur laquelle adhéraient les gouttes d'eau. La nuit était à présent plus calme. Avant d'éteindre la lumière, elle vit son reflet sur la vitre, flou comme les voitures qui s'enfonçaient au loin dans la nuit...
Les jours suivants, Marie-Noëlle m’annonce qu’elle a trouvé un gars
pour abattre la cloison ; il prendra en une matinée le tiers de notre
budget. Il est plus lucratif de compter sur ses mains plutôt que sur
son esprit. La vie aime à rappeler les évidences. Le fils de
Marie-Noëlle a dégoté en cinq minutes un gyrophare sur internet à 11
euros lorsque sa mère a mis plus de deux jours à en espérer un à 300
euros auprès des autorités compétentes. Nous sommes dans la phase
simplificatrice ; nous éliminons le hamac envisagé, trop de problèmes
de gestion en perspective (accroche, bataille pour s’y vautrer, …).
Voici aujourd'hui Caroline Corbex entrant dans ses murs...
<< Début < Précédente 1 2 3 4 Suivante > Fin >>
|
|
|