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Tag >> Entre-Temps
L'artiste vit son art dans une réalité rêvée.
Les étudiantes de l'Ensatt créent un Entre-Temps.
Le jour des morts, nous nous payons en amoureux la grande boucle du sentier pédestre Vaise Duchère. J’ai emmené mon chien pour faire coup double ; aérer ses poils et mon stylo. Nous partons de la tour panoramique, tournesol en béton de cent mètres de hauteur dont chacun a rempli ou non les alvéoles, ce qui lui donne un équilibre aléatoire assurément bien humain. Nous traversons le plateau dépenaillé qui bientôt, le GPV l’assure, bruissera d’immeubles coquets, de commerçants volubiles et de fontaines rieuses. Nous passons entre le lycée La Martinière sommé de s’ouvrir au quartier et le pôle sportif de Balmont niché dans les vestiges du fort militaire. Les angles des fortifications en étoile subsistent ; la nature y déborde et panse les mauvais souvenirs – la fusillade des résistants par les nazis, le rapatriement chaotique d’Algérie. Vegas, mon chien, tire comme à son accoutumée ; ce mélange d’Husky et de Labrador, pure race SPA, comprendra-t-il un jour que je ne suis
Continuons à suivre les artistes dans leur travail !
Aujourd'hui : Natacha Mégard.
Les étudiantes du TD de Dramaturgie de l'Université Lyon II à l'oeuvre.
Aujourd'hui, nous vous proposons les avancées d'Arno Piroud.
Je tairais ma visite de la Biennale d’art contemporain ; au moins a-t-elle la vertu de décomplexer celui qui veut créer. Quand je pense tout de même que l’artiste sulfureux s’appelle David Hamilton avec des photos datant de plus de trente ans, je me dis que la bienséance et l’hypocrisie sont des tiques indestructibles qui s’empiffrent de sang humain sans se soucier du passage à l’euro, des révolutions philosophiques et de la colonisation de la planète Mars. Une petite phrase de Ben, dans sa cabane de la collection permanente du musée d’art contemporain, me titille ; « si tout est art, pourquoi le vendre » ? L’installation de Liu Wei à la fondation Bullukian est indéniablement à voir ; sa propension à secouer l’imaginaire du visiteur est vivifiante. De la restructuration de Pékin pour les Jeux Olympiques de 2008 à celle de La Duchère, des fils invisibles se tissent ; le vent, la pluie, la neige, le soleil, le froid rendent fragiles les utopies des hommes ; la beauté n’est jamais loin de la catastrophe
Le rendez-vous au GPV (Grand Projet de Ville) est d’une autre teneur. Catherine et Nadia nous accueillent avec le café, le thé, les biscuits et le jus d’orange en petites bouteilles de séminaire commercial. Elles sourient et sont sincèrement convaincues par cet immense réaménagement de la troisième colline de Lyon. Elles commentent la maquette représentant les 120 hectares de bois, de barres, de problèmes et d’utopies. Elles ont la foi des grands bâtisseurs ; quarante ans après, la modernité fait de nouveau sonner ses trompettes sur le secteur. Dans les années soixante, Pradel, maire de l’époque, pensait béton et autoroute pour faire face au « vivre à plus ». Aujourd’hui, les édiles parlent d’habitat et de déplacement doux pour faire face au « vivre mieux ». Le projet parle de diversité, d’harmonie, d’emploi, d’éducation, de culture et ose le mot bonheur ; je ne me souviens pas d’une campagne présidentielle ou législative arborant aussi fièrement
Suivez les travaux au jour le jour des artistes en résidence d'Entre-Temps. Aujourd'hui : Stéphane Durand.
Quelques jours plus tard, c’est la réunion de tous les binômes d’Entre-Temps au bureau de La Hors De. Chacun est sorti de sa cellule et nous rompons le Spéculos et buvons le thermos. Barbara nous explique la marche à suivre. Bientôt, nous serons invités à déjeuner chez un habitant de la cité puis chez un politique. Denis nous distille les informations techniques et Joseph l’enveloppe budgétaire. Arte Povera. C’est la garantie de la générosité. Les autres binômes sont dépenaillés de l’un de leur membre, plasticien ou écrivain, nous crânons avec Marie-Noëlle. Les habitants de La Duchère partenaires du projet entrent dans le bureau. Nous découvrons notre marraine ; Jeanne Françoise Worbe, dite Mimi. Cheveux gris et œil alerte, elle est la vigie, la mémoire et la conscience du quartier. Quarante ans de présence à accompagner les utopies, les impasses, les blessures, les joies, la frénésie, l’immobilisme, la frénésie. Nous prenons rendez-vous pour dé
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