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avr 29
2007
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Ahmed et le pépiniériste 2Posté par Patrick Ravella in non classé |
Aujourd’hui, c’était un grand jour pour Monsieur Edmond. À la suite d’un désistement, il venait d’avoir une réponse positive pour son transfert au quatre vingt dix neuvième étage. Onze étages d’un coup, sans compter le plaisir d’avoir encore un étage à désirer. Depuis qu’il m’avait aidé à dessiner mon arbre généalogique, je n’avais pas eu l’occasion de le rencontrer. Il m’a demandé de passer pour une affaire d’importance. Quand je suis arrivé, je l’ai trouvé avec tous ses livres et tous ses registres ouverts. Il y en avait partout, sur les tables, sur les meubles, sur le sol, et de grandes cartes épinglées aux murs. L’appartement était plein de courants d’air, les pages battaient au vent, cela bruissait comme en automne lorsque les oiseaux sont prêts à s’envoler.
« Tu es un poète » me répondit Monsieur Edmond quand je lui parlai des oiseaux.
Une autre idée que j’avais eue, c’est qu’il était super mal organisé pour un déménagement imminent. Mais je celle là je ne l’ai pas dite.
« J’ai beaucoup repensé à ton arbre généalogique »
Comme il tremble un peu de la bouche, j’ai compris « ton arabe généalogique ». Alors j’ai cru qu’il voulait parler de mon père et ça m’a fait plaisir. Parce que la fois précédente Monsieur Edmond m’avait dit que ce serait plutôt dur d’en savoir plus du côté de Mohamed. Mais non, c’était pas ça. Il a dit :
« L’arbre et la généalogie, en fait ça ne va pas du tout ensemble. C’est un dessin trompeur. Il faut tout recommencer. Il ne faut pas d’arbre, non, mais des réseaux. Des millions de réseaux qui se connectent tous. Quand je pense au temps que j’ai passé à remonter ma généalogie. Pour rien. Tu avais raison, les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Et je n’avais pas regardé sur le côté. »
Il me montra son dernier dessin :
Edmond BOURRACHE (pépiniériste, généalogiste, 1919-) fils de Vincent BOURRACHE (1887-1943) et de Mélanie SERGENT (1889-1924).
Et d’un côté du réseau, on trouvait la famille LOPEZ, de l’autre la famille MARTIN.
« Ahmed, je suis ton demi frère… enfin, façon de parler. Je suis ton demi arrière grand oncle. »
J’ai été content, parce que les hommes ça manque un peu dans la famille, depuis que mon grand père Paul est mort quand j’avais trois ans.
Mais Edmond, j’en aurai pas profité longtemps. Il a pas tenu le coup jusqu’à son déménagement et il montera jamais plus haut que le quatre vingt huitième.
« Tu es un poète » me répondit Monsieur Edmond quand je lui parlai des oiseaux.
Une autre idée que j’avais eue, c’est qu’il était super mal organisé pour un déménagement imminent. Mais je celle là je ne l’ai pas dite.
« J’ai beaucoup repensé à ton arbre généalogique »
Comme il tremble un peu de la bouche, j’ai compris « ton arabe généalogique ». Alors j’ai cru qu’il voulait parler de mon père et ça m’a fait plaisir. Parce que la fois précédente Monsieur Edmond m’avait dit que ce serait plutôt dur d’en savoir plus du côté de Mohamed. Mais non, c’était pas ça. Il a dit :
« L’arbre et la généalogie, en fait ça ne va pas du tout ensemble. C’est un dessin trompeur. Il faut tout recommencer. Il ne faut pas d’arbre, non, mais des réseaux. Des millions de réseaux qui se connectent tous. Quand je pense au temps que j’ai passé à remonter ma généalogie. Pour rien. Tu avais raison, les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Et je n’avais pas regardé sur le côté. »
Il me montra son dernier dessin :
Edmond BOURRACHE (pépiniériste, généalogiste, 1919-) fils de Vincent BOURRACHE (1887-1943) et de Mélanie SERGENT (1889-1924).
Et d’un côté du réseau, on trouvait la famille LOPEZ, de l’autre la famille MARTIN.
« Ahmed, je suis ton demi frère… enfin, façon de parler. Je suis ton demi arrière grand oncle. »
J’ai été content, parce que les hommes ça manque un peu dans la famille, depuis que mon grand père Paul est mort quand j’avais trois ans.
Mais Edmond, j’en aurai pas profité longtemps. Il a pas tenu le coup jusqu’à son déménagement et il montera jamais plus haut que le quatre vingt huitième.











