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avr 29
2007
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Au fond du fond des Pyrénées / suite et finPosté par Judith Lesur in non classé |
Jean Irolart n'est pas un monsieur irréprochable
Jean Irolart n'est même pas un monsieur
Jean Irolart est un enfant rigolard
La tignasse plantée d'épis
Les genoux fleuris de croûtes
Le sourire comme une figue fendue dans son visage lait de brebis
Mais Jean Irolart est plus qu'un enfant
Jean Irolart est né de la saillie d'un ours
C'est ce que disent les villageois
En plantant la fourche dans la mie fraîche de son dos
Jean Irolart aurait pu polir ses talons sur les galets des ruisseaux
Frotter son sexe dans la mousse des sous-bois
Écraser les grains de cassis sous sa langue
Souffler dans l'anus des crapauds
Percer de l'ongle le ventre des sangsues
Mordre la croupe de la jument
Regarder perler la fente d'Odile qui pisse dans les fourrés
Lécher la farine sur les doigts de sa mère
Mais Jean Irolart est né de la saillie d'un ours
Et ses dix ans nourrissent la ravine
Nous voudrions lâcher les loups aux trousses des villageois
Nous voudrions incendier leurs granges
Nous voudrions brûler leurs fourches
Mais nous ne le pouvons pas
Nous voudrions laver la dépouille de Jean sous l'orage
Entre le moment où Jean Irolart est décédé et le moment où Jean Irolart est mort
Il y a désormais les mots les galets les grains de cassis
Que nous sommes allés chercher à la pointe de notre fourche
Dans le tréfonds de ce que nous ignorons











