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avr 23
2006
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Au photomatonPosté par P.-O. Dittmar in non classé |
Guigues, le jeune et la peluche se dirigent vers le photomaton de l’auto-grill.
Guigues s’arrête devant la machine.
- excuse-moi, je n’ai plus de monnaie, je ne peux pas payer.
-ben t’as qu’à retirer…
Guigues, un peu honteux.
-Je n’ai pas de Carte Bleue
-T’as pas de Carte Bleue ?
-Je n’ai pas de Carte Bleue.
-putain, t’es roots mec… mais j’aime bien, c’est bien frais comme attitude.
-…
-allez je t’invite… on y va ou quoi ?
Les deux hommes entrent dans le photomaton, le propriétaire du macaque glisse dans la main de ce dernier une banane. Dans la cabine, Guigues est serré contre le jeune. Il n’aime pas son odeur car n’est pas habitué à la promiscuité. Il voit leur image dans l’écran numérique qui leur fait face. Il voit son collègue avec une lucidité nouvelle, accentuée par la comparaison qu’il peut faire avec sa propre personne. Son conducteur a une vingtaine d’années, un sweet informe noir, un piercing dans le sourcil gauche et un enthousiasme un peu ridicule. Guigues se voit, il a quarante ans peut-être, porte des habits également informes, qui bien qu’ordinaires ont permis à tous les clients de l’auto-grill de l’identifier comme un curé. Tous les deux ont les mêmes cheveux rasés.
Les deux hommes vont se prendre en photo, le singe sur les genoux. Pour décoincer un peu Guigues que cette situation dérange, le jeune fait bouger le singe et lui fait dire : « moi j’ai deux mamans, une maman machine à coudre et une maman forêt bananes ». Guigues rie. La première photo est la bonne.












