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déc 11
2006
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Communication / SéparationPosté par Patrick Ravella in non classé |
Je n’ai pas encore appris grand chose sur Ktha compagnie. Le nom lui-même est resté opaque, en raison des explications multiples et contradictoires recueillies auprès de ceux qui le portent. Je sais que Lear accueille sur son répondeur téléphonique par un message en japonais – ce qui ne facilite pas la prise de contact. Je sais que Nicolas n’apprécie pas les cloisons trop minces, qui lui rappellent la promiscuité subie dans l’enfance.
Je sais que leur projet consiste aujourd’hui à bloquer la zone de communication de l’appartement 25, au moyen d’une plaque de plastique rose insérée horizontalement dans le couloir. Je sais enfin qu’ils ne souhaitent pas l’intrusion d’une écriture ou d’un discours dans leur installation. Au total, j’ai compris que ces mesures défensives ne me faciliteront pas la tâche. Le duo est assez bien fermé. Est-ce cela le sens caché de Ktha compagnie (qu’ta compagnie – et personne d’autre ?)
Aujourd’hui Lear et Nicolas cherchent la méthode qui leur permettra d’insérer leur plaque de plastique dans un trait de scie de quatre millimètres qu’ils feront sur les chambranles et les cloisons. Sachant que la plaque doit se retrouver en léger oblique par rapport à l’axe du couloir, que sa position finale est contraire au sens plausible de son entrée dans la glissière, et que les artistes ne veulent laisser aucune trace de la manœuvre, aucun jeu dans la découpe, et aucun couvre-joint, l’énigme du « comment » se substitue à celle du « pourquoi ». Pour entretenir un espoir, la plaque présente une certaine souplesse, mais elle ne pourra malheureusement pas se plier simultanément autour de son grand axe (ce qui est nécessaire puisqu’elle est plus large que le couloir) et autour de son petit axe (ce qui est indispensable pour la faire entrer à contre sens dans la glissière.)
Nous en sommes un peu au même point, Ktha et moi : face à deux versions d’un problème identique. Armés d’une simple scie (à lame quadruple, tout de même) ils doivent insinuer leur plaque de plastique rose dans le couloir, et séparer l’appartement en deux sans l’abîmer. Et moi, qui ai l’âme simple, je dois insinuer mon écriture dans un espace inaccessible, que je suppose être le point de jonction entre deux plasticiens collés l’un à l’autre. Seule différence, qui se résume à un jeu de mots : ils n’ont qu’une scie pour deux, et j’ai deux scies à moi. Dois-je tenter la chirurgie ? S’ils ont un organe vital en commun, l’opération risque d’être fatale.











