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avr 28
2007
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Erythrée 2Posté par Philippe Puigserver in non classé |
Le bruit des buldozzers. Le bruit des bulldozers dans la plaine. Et le bruit de mille petits os qui craquent. Des crânes qui roulent dans une poussière de chaux que le soleil fait scintiller. Les bulldozers sont d’excellents réveils, ils ramènent progressivement le jour et déplacent les charniers humanitaires pour permettre l’installation de nouvelles tentes pour les arrivants de l’aube. La ville de toile s’étend chaque jour. Au sortir de la nuit, l’activité y est convulsive.
Des soldats soudanais plantent les maisons blanchâtres en tissu de l’Onu, des casques bleus distribuent l’aide humanitaire ; sucre, farine, riz, lentilles, lait et … l’eau. Des humanitaires accueillent les nouveaux arrivants mais renoncent bien vite à savoir qui est Soudanais, qui est Abyssin, qui est Chrétien orthodoxe, qui est Musulman, qui fuit la guerre, qui fuit la misère, qui vient du désert d’Afar, qui vient des hauts plateaux. On enlève à la mère son enfant mort, on pousse les moins faibles vers les tentes des médecins. Bientôt, le soleil écrasera la fourmilière et chacun s’enfoncera dans une léthargie qui cautérise, loin de toute pensée.
Des soldats soudanais plantent les maisons blanchâtres en tissu de l’Onu, des casques bleus distribuent l’aide humanitaire ; sucre, farine, riz, lentilles, lait et … l’eau. Des humanitaires accueillent les nouveaux arrivants mais renoncent bien vite à savoir qui est Soudanais, qui est Abyssin, qui est Chrétien orthodoxe, qui est Musulman, qui fuit la guerre, qui fuit la misère, qui vient du désert d’Afar, qui vient des hauts plateaux. On enlève à la mère son enfant mort, on pousse les moins faibles vers les tentes des médecins. Bientôt, le soleil écrasera la fourmilière et chacun s’enfoncera dans une léthargie qui cautérise, loin de toute pensée.












