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avr 29
2007
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Second souffle 4Posté par Abdelkader Damani in non classé |
J’ai tenu bon, comme je l’avais prévu. C’est facile de tenir quand la volonté le décide. Rien à dire de la journée, rien de particulier à retenir. Maintenant c’est à mon tour de prendre la route, de revenir en arrière. On ne doit pas se retourner sur son passé au risque d’être pétrifié, ce n’est pas un retour en arrière, c’est une plongée dans des abîmes que je dois affronter pour aller de l’avant, reprendre ma vie au point mort où je l’avais laissé, au point de rupture où elle m’a été retirée.Aujourd’hui, j’ai 38 ans, j’aurais pris 34 ans pour me décider à retourner voir la mer, à aller au-devant de la mer, 34 ans pour entendre «les mots bleus» jouer dans ma tête. J’entends nettement cette musique, je la reconnais, je l’ai toujours connu «je lui dirai les mots bleus, les mots qui rendent les gens heureux…». Heureux, depuis combien de temps au juste, je n’osais pas prononcer ce mot et encore moins imaginer à quelle sorte de réalité il peut renvoyer, « parler me semble ridicule, je m’élance et puis je recule…», je ne parle plus vraiment depuis longtemps, je n’ai pas trouvé à qui parler, pour dire quoi? Je ne recule pas, je ne m’élance plus. Je restais tapi dans le creux de mes 4 ans, enfoncé au plus profond de moi, bloqué à cet âge, 4 ans, juste après la formation de la conscience. Tout est déjà là à 4 ans, il n’y a qu’à explorer et récolter. Je récolte ce cri perforant, celui de mon père, que la chanson de Christophe ne saurait effacer. Je roule fenêtre ouverte, l’air est un peu frais, ça ne me dérange pas. J’ai l’habitude d’être dehors. Les kilomètres réduisent l’attente, mais rallongent l’impatience. Je n’augmente pas ma vitesse. J’ai appris en toutes circonstances à observer une forme de constance, l’habitude du bruit, je suppose. Je garde mes mains sur le volant,je regarde la route qui avance, se rétracte, se concentre.










