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Apr 29
2007
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Second souffle 5Posté par Valérie Sourdieux in non classé |
La roulotte du marchand de bonbons vient s’interposer entre l’autoroute et la mer qui se rapproche. Je repousse encore ce qui veut s’imposer. Un bourdonnement dans les oreilles me rappelle au bruit, j’allume la radio pour créer diversion. Le cri de mon père se fait plus perçant, je suis obligé de m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence. J’ai du mal à respirer, je ne trouve plus mon souffle.J’inspire profondément, exténué par un effort que je n’ai pas encore fourni, harassé par anticipation. Cette fois le retour en arrière est impossible, abandonner maintenant est inconcevable. J’ai l’impression de retrouver prématurément mes 4 ans, comme j’ai été précipité trop rapidement dans un âge qui n’était pas le mien, il y a un décalage persistant dans ma vie, une fissure interne.
Je suis aujourd’hui un petit garçon dans un corps d’adulte, avec des habitudes d’homme, et toute la panoplie adéquate, un travail, des responsabilités, des affaires d’homme. Mais je ne sais pas quel homme je suis, quel homme je peux être, aucune femme ne me l’a dit. Je n’ai jamais été autre chose que ce petit garçon de 4 ans avec un cri déchirant dans la tête. Ce petit garçon qui n’a jamais fini son paquet de réglisse et de caramels mous, un soir de juillet en bord de mer. C’est le bord de mer qui m’attend, c’est la mer que j’attends depuis tout ce temps. Je reprends la route pour les quelques kilomètres qui me séparent de mes 4 ans. Quand j’arriverais, j’aurai parcouru 34 ans de vie à l’envers.
Le train me semble plus bruyant que l’avion et nettement moins agréable, pas de paysage que le regard peut tenir sous son joug, pas de steward rafraîchissant. Un léger mouvement du corps de temps en temps et encore, légèrement.











